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La chasse aux crabes de terre en Guadeloupe.

Crabes de mangrove à Port-Louis Guadeloupe.


Rédigé le Dimanche 19 Mai 2019 à 17:06 | Lu 30 commentaire(s)

Sur le littoral du Grand Cul de Sac Marin, à la frontière entre l’univers marin et l’univers terrestre, se trouve une zone humide peuplée d’arbres étonnants ; les palétuviers. Cette forêt particulière, appelée mangrove, est un écosystème qui abrite de nombreux animaux et en particulier des crabes.


Une tradition en Guadeloupe.

Le crabe fait partie intégrante du patrimoine guadeloupéen. On les rencontre sur le bord de mer et dans la mangrove où on en dénombre 6 espèces : le crabe de terre, le crabe Touloulou, le crabe Violoniste, le crabe Mantou ou crabe à barbe, le crabe Sirique et le crabe des Palétuviers.
Il joua longtemps un rôle primordial dans l'alimentation des pauvres, qui trouvaient grâce à lui de quoi subsister.  Aujourd’hui encore, le crabe est consommé, et la vente de crabes apporte un revenu aux familles les plus modestes.
Un événement annuel leur est consacré : « La fête du crabe ». Chaque année pour les fêtes de Pâques, de grandes foires culinaires autour des spécialités sur le crabe sont organisées.
 

Trois espèces sont plus particulièrement recherchées.

Crabe de Terre à gauche et crabe Mantou à droite.
Crabe de Terre à gauche et crabe Mantou à droite.
Crabe Touloulou (Gecarcinus lateralis). Reconnaissable par sa carapace rouge, avec un dessin noir sur le dos. Le Crabe Touloulou
vit dans les zones sableuses. Son terrier ne fait que 40 cm de profondeur.
Surtout végétarien, il se nourrit de racines (cocotiers, raisiniers bord-de-mer), de fruits (pommes de mancenilliers), mais il peut également se nourrir de cadavres d’animaux.
 
Crabe de Terre (Cardisoma guahumi). On les rencontre dans des zones plus sèches, leur terrier peut ainsi se trouver jusqu’à 8 km du rivage. Ce crabe a gardé certains caractères de ses ancêtres aquatiques, leur repère rejoint toujours une nappe phréatique souterraine, car il respire à l’aide de branchies. Le crabe de Terre se reproduit en mer ou en eau saumâtre à la suite d’une migration annuelle. Le Crabe de Terre représente une denrée dont la pêche se pratique pour une consommation traditionnelle lors des fêtes de Pâques et de Pentecôte. Attention : La capture, la vente et l’achat de cette espèce est interdit du 15 juillet au 15 février.
 
Crabe Mantou ou Crabe à Barbe (Ucides cordatus). Ce gros crabe velu de couleur violet à violet bleu, a les pattes garnies de longs poils très fournis notamment chez les mâles. Il creuse son terrier dans la vase, au pied des palétuviers. La crabe à Barbe se nourrit de plantes en décomposition qu’il amène dans son terrier. C’est un crabe comestible qui a la réputation d’enivrer et de faire dormir celui qui le consomme.
 

Le piège, la boite à crabes.

La boite à crabes, un piège astucieux.
La boite à crabes, un piège astucieux.
La capture des crabes peut se faire à la main mais on utilise traditionnellement un piège ou boite à crabes.
Le chasseur de crabes fabrique lui-même ses pièges en utilisant des matériaux de récupération : bois de palette, couvercle de boite de conserve pour le verrou, ficelle ou fil de pêche, quelques clous et un caillou pour alourdir le couvercle.
Après avoir « armé » la boite à crabes et, introduit un appât à l’intérieur, en général un morceau de canne à sucre, il est posé au-dessus du terrier du crabe. Le crabe rentre dans le piège et quand il essaie de récupérer l’appât, le couvercle se referme et bouche l’entrée de son terrier. Il se trouve coincé dans la boite et le verrou empêche le crabe de soulever le couvercle.
Vous pourrez apercevoir des boites à crabes lors d’une randonnée dans la mangrove sur le circuit aménagé de Casse Moustache.
Le plat traditionnel consommé à Pâques est sans conteste, le matété de crabes et le crabe Touloulou à base de feuilles de madère.